MSA : retour à la page d'accueil

MSA
de la Vendée
La protection sociale du monde agricole et rural

Navigation, Menu gauche, Corps Aller au contenu

Vous êtes ici :  Accueil > Santé Sécurité au travail > Actions de prévention > Evaluer les risques > Grippe A/H1N1, ce qu"il faut savoir

corps de page


outils pratiquesEnvoyer à un ami (nouvelle fenêtre)Version imprimable (nouvelle fenêtre)

Grippe A/H1N1, ce qu"il faut savoir

Genevieve ABADIA

Interview du docteur Geneviève Abadia, médecin conseiller technique à l'échelon national de la Santé au travail (CCMSA), chargée de la prévention des maladies infectieuses.


© Marie-Luce Gazé Desjardins
Venue des Amériques, une pandémie de grippe touche aujourd’hui l’Europe. Qu’en sait-on à ce jour, quelles sont les mesures envisagées pour la combattre et la prévenir ? Le point.

 

Que sait-on de ce virus abusivement appelé, au départ, «grippe porcine» ou «grippe mexicaine» ?

 

Geneviève Abadia : Il s’agit d’un nouveau virus à transmission interhumaine, qui se transmet par voie respiratoire et non alimentaire. Le porc n’a rien à y voir, et on peut consommer sa viande sans restriction. L’infection a commencé au Mexique et aux États-Unis, et elle s’est étendue à tout le continent nord-américain, avant de passer dans l’hémisphère Sud (Chili, Argentine, Australie…). En Europe, le pays le plus touché est le Royaume-Uni, suivi de l’Espagne. Nous sommes actuellement au début de cette pandémie.

 

Comment se transmet la grippe A ? Quels en sont les symptômes ?

 

G.A. : Le virus se transmet comme une grippe classique, par des gouttelettes qu’on émet en toussant par exemple. Le délai d’incubation est de trois à cinq jours, il peut aller jusqu’à sept jours. Le malade est contagieux un jour avant le début des symptômes. Un espace de deux mètres entre deux personnes permet de limiter la transmission. Les symptômes ne présentent rien de spécifique par rapport à une grippe classique : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, associés à des signes respiratoires, à savoir de l’essoufflement et/ou de la toux.

 

Quels sont les traitements adaptés ?

 

G.A. : Le traitement antiviral est basé sur des médicaments appelés antineuraminidases (Tamiflu®, Relenza®). Ils réduisent les complications dès lors qu’ils sont administrés précocement, ainsi que la durée des symptômes et leur importance, et l’évolution vers des formes plus graves. On peut administrer également des antibiotiques si une surinfection bactérienne survient.

 

Comment se protéger et protéger les autres ?

 

G.A. : Les mesures d’hygiène de base constituent une des meilleures protections. Il faut se laver les mains souvent car les sécrétions respiratoires qui s’y déposent peuvent servir à véhiculer le virus. Il est préférable de se moucher dans des mouchoirs jetables, qui seront jetés dans des poubelles fermées, de ne pas cracher dans la rue, d’éternuer ou tousser en mettant sa main devant la bouche puis de se laver les mains. Quand on tousse, il faut porter un masque chirurgical pour protéger son entourage.

 

En quoi la pandémie actuelle se différencie-t-elle des précédentes ?

 

G.A.: En 1918, la grippe «espagnole», de gravité importante, a causé une grande mortalité, dans un contexte de sortie de guerre mondiale, où la médecine n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui et où on n’avait pas d’antibiotiques. Les pandémies suivantes en 1957 et 1968 étaient d’ampleur plus modérée. Ce nouvel épisode semble de virulence faible : 425 morts au 5 juillet, plus de 95.000 cas ont été enregistrés depuis le mois d’avril dans le monde, frappant essentiellement des enfants et des jeunes adultes (surtout de 10 à 34 ans). La mortalité est liée en général à des facteurs de risque associés. Apparemment, les sujets de plus de 60 ans sont moins souvent atteints, peut-être du fait d’une immunité ancienne contre le virus.

 

Qui fixe les niveaux d’alerte et où en est-on?

 

G.A. : Les niveaux d’alerte sont définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en fonction de l’extension de l’épidémie. L’OMS a été amenée à passer au niveau 6 au moment où deux continents ont été atteints ; à ce jour tous les continents sont touchés. Si la France en est au niveau 5, c’est que notre pays ne présente pas de transmission communautaire pour l’instant. Dans l’hypothèse où nous serions conduits à passer au niveau 6, le plan gouvernemental prévoit des mesures, qui concernent la sécurité civile, les écoles, les transports… Elles seront appliquées progressivement et non d’un seul coup. L’une des premières mesures serait la fermeture des établissements rassemblant des enfants et des jeunes (crèches, écoles, collèges, lycées…), d’autres pourraient concerner l’interdiction des rassemblements de personnes (salons, foires, théâtres, musées…).

 

Que peut-on dire de l’évolution possible de la grippe A?

 

G.A. : Il est difficile de prévoir l’évolution d’une telle situation. L’infection peut conserver une virulence modérée, avec un syndrome grippal à peu près équivalent à celui des grippes « classiques saisonnières » (dont on rappelle que le nombre estimé de morts, chaque année dans le monde, est de 250.000 à 500.000 personnes). Ce virus pourrait certes acquérir de la virulence, notamment en se croisant avec d’autres virus grippaux, mais ce n’est qu’une hypothèse, pas une certitude. Sur le plan de la propagation actuelle, il ne semble pas y avoir de ralentissement dans l’hémisphère Nord, alors que les virus grippaux d’habitude préfèrent le froid pour se développer. Donc soit cette tendance va se poursuivre sans accalmie, soit elle va régresser et l’augmentation des cas reprendra à l’automne

avec le retour d’un climat plus frais. Les autorités sanitaires restent en alerte pour suivre cette évolution et prendre les mesures éventuelles nécessaires.

 

Propos recueillis par Thomas Bousquet

 

Pour s’informer sur Internet

 

 

www.pandemie-grippale.gouv.fr

tout sur la grippe A, les mesures prévues, la prévention.

 

www.invs.sante.fr

site de l’Institut de veille sanitaire, qui dispose d’un dispositif de surveillance et fournit, jour après jour, des données chiffrées sur l’évolution de la pandémie.

 

 

 

Contre la grippe A, la MSA agit à deux niveaux

 

 

Guide pratique pour les agriculteurs 

  

Tout d’abord, elle informe ses adhérents sur les moyens de prévention vis-à-vis de ce virus, notamment par le biais de ses services de santé sécurité au travail. Elle a participé à la rédaction d’un guide interministériel destiné aux agriculteurs, pourqu’ils prévoient de s’organiser en cas de propagation importante de la maladie (prévision de stockage d’approvisionnement suffisant pour le maintien de leur activité, entraide…).

 

Deuxièmement, la MSA, en tant qu’entreprise de service public, met elle aussi en place son plan de continuité d’activité, pour pouvoir continuer à assurer les services de base à ses adhérents en période pandémique où l’absentéisme et les mesures de santé publique exigeraient de réduire certaines activités.

outils pratiques Envoyer à un ami (nouvelle fenêtre) Version imprimable (nouvelle fenêtre)  
menu de navigation secondaire

mentions légales

© Mutualité Sociale Agricole de la Vendée (85) - Tous droits réservés